L’obligation alimentaire : qui doit aider, dans quels cas et dans quelles limites ?
L’obligation alimentaire est un mécanisme essentiel du droit de la famille. Elle repose sur le principe selon lequel les membres d’une même famille doivent se soutenir lorsque l’un d’eux est dans le besoin.
Pourtant, son application peut être complexe : qui doit payer ? Dans quelles conditions ? Jusqu’où va cette obligation ? Comment la faire fixer ou contester ?
Qui est tenu à l’obligation alimentaire ?
Le Code civil prévoit plusieurs personnes tenues d’aider un proche en difficulté.
– Entre ascendants et descendants :
C’est la forme la plus courante. Les enfants doivent aider leurs parents ou grands-parents, et inversement.
– Entre gendre/belle-fille et beaux-parents :
Tant que le mariage n’est pas dissous, l’obligation existe.
– Entre époux :
Sous la forme du devoir de secours, mais c’est une obligation distincte même si elle répond à la même logique.
Les conditions : l’état de besoin et les capacités de celui qui doit payer
Deux critères essentiels permettent au juge de fixer ou non une obligation alimentaire :
1. L’état de besoin
La personne demandeuse doit démontrer qu’elle ne peut pas subvenir seule à ses besoins essentiels : alimentation, logement, santé, soins, dépendance.
Le juge analyse souvent ses revenus, ses charges, ses frais de santé, et ses frais d’hébergement (EHPAD notamment).
2. Les ressources de celui qui doit aider
L’obligation doit rester proportionnée.
Le juge vérifie revenus, charges, crédits, charges familiales et éventuelles difficultés financières.
Une personne en précarité ne peut pas être contrainte d’aider au-delà de ses moyens.
Comment le juge fixe l’obligation alimentaire ?
Le Juge aux affaires familiales (JAF) apprécie toutes les circonstances et fixe un montant mensuel, ou une contribution ponctuelle pour certains frais ou encore une dispense totale, si les ressources du débiteur sont insuffisantes.
Il peut aussi répartir l’obligation entre plusieurs enfants en fonction de leurs ressources respectives.
Les contestations : quand peut-on demander une modification ?
L’obligation alimentaire n’est jamais figée.
Elle peut être révisée :
– en cas de baisse ou hausse des revenus du débiteur,
– en cas d’augmentation des dépenses (logement, santé, enfants…),
– en cas d’amélioration des ressources du demandeur,
– en cas d’évolution de son état de santé.
Une modification substantielle des ressources ou des besoins suffit pour ressaisir le JAF.
Le cas particulier des frais d’EHPAD et de dépendance
C’est aujourd’hui le terrain principal de l’obligation alimentaire.
Les dépenses d’hébergement en EHPAD peuvent dépasser 2 000 à 3 000 € par mois.
Le juge peut donc répartir ces frais entre les enfants, selon leurs capacités.
Peut-on être dispensé de l’obligation alimentaire ?
Oui. L’article 207 du Code civil prévoit la déchéance de l’obligation en cas de manquement grave du parent envers son enfant (violences, abandon, absence totale d’implication).
La jurisprudence est cependant exigeante : il faut démontrer un comportement indigne grave et répété.
Conclusion
L’obligation alimentaire répond à un principe de solidarité familiale, mais elle doit rester proportionnée.
Le juge apprécie toujours les besoins réels du demandeur, les capacités financières du débiteur et l’éventuelle répartition entre plusieurs obligés.
C’est une procédure qui nécessite une analyse fine des revenus et des charges de chacun, et qui peut être révisée à tout moment en fonction de l’évolution des situations personnelles.
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