Enfants et réseaux sociaux : quels droits pour les parents en cas de séparation ?
Une pratique courante devenue source de conflits
Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place prépondérante dans la vie familiale. Il est fréquent que les parents partagent des photographies ou des vidéos de leurs enfants afin de montrer leur quotidien, leurs réussites scolaires ou leurs activités personnelles.
En cas de séparation, cette pratique peut toutefois devenir source de tensions, notamment lorsque l’un des parents refuse que l’image de l’enfant soit diffusée en ligne.
Ces désaccords sont loin d’être anodins, car ils touchent à la protection de la vie privée de l’enfant et à l’exercice de l’autorité parentale.
Le droit à l’image et la vie privée du mineur
Le droit au respect de la vie privée est consacré par l’article 9 du Code civil. Ce droit s’applique pleinement aux mineurs.
L’enfant bénéficie également d’un droit à l’image, qui implique que son image ne puisse être diffusée sans autorisation.
Ce droit est exercé par les parents titulaires de l’autorité parentale. Toutefois, cette prérogative doit toujours être mise en œuvre dans l’intérêt de l’enfant et non dans celui du parent.
L’autorité parentale conjointe et la notion d’acte non usuel
Conformément à l’article 371-1 du Code civil, l’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs exercés dans l’intérêt de l’enfant. Après une séparation, l’autorité parentale demeure en principe conjointe.
Certaines décisions relèvent des actes usuels de la vie courante, que chaque parent peut prendre seul. En revanche, les décisions importantes, dites « actes non usuels », nécessitent l’accord des deux parents.
La publication répétée de l’image de l’enfant sur des réseaux sociaux, en particulier lorsque les comptes sont publics ou très suivis, est de plus en plus considérée comme un acte non usuel. Elle engage la protection durable de la vie privée de l’enfant et peut avoir des conséquences à long terme.
Le rôle du juge aux affaires familiales
En cas de désaccord persistant, le parent opposé à la diffusion de l’image de l’enfant peut saisir le juge aux affaires familiales sur le fondement de l’article 373-2-6 du Code civil.
Le juge pourra :
– encadrer strictement les modalités de diffusion,
– interdire toute publication sans accord préalable,
– voire prohiber totalement la diffusion de l’image de l’enfant.
La décision sera toujours rendue au regard de l’intérêt supérieur de l’enfant, de son âge et de sa capacité de discernement.
L’importance d’anticiper la question
Il est fortement recommandé d’aborder la question des réseaux sociaux dès la séparation et, le cas échéant, de la faire expressément mentionner dans la décision judiciaire. Cette anticipation permet d’éviter des conflits récurrents et de préserver la vie privée de l’enfant.
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